Lors d’une visite médicale organisée par l’employeur, le médecin du travail peut déclarer le salarié inapte à son poste. En présence d’un arrêt de travail d’au moins 60 jours (pour une maladie ou un accident non professionnel), d’au moins 30 jours (en cas d’accident du travail) ou sans durée minimale (en cas de maladie professionnelle), l’employeur doit solliciter une visite de reprise dès qu’il a connaissance de la date de fin de l’arrêt de travail du salarié.
L’examen doit avoir lieu le jour de la reprise effective ou au plus tard dans les 8 jours qui suivent. L’inaptitude peut également être constatée alors même que le salarié est encore en arrêt de travail (notamment lorsque la visite de reprise a été programmée pendant que le salarié était en arrêt et que celui-ci a fourni à l’employeur une prolongation de son arrêt).
Le médecin du travail est le seul professionnel de santé à pouvoir déclarer un salarié inapte. Il va évaluer l’état de santé du salarié pour déterminer s’il peut reprendre totalement ou partiellement son emploi.
Après ces étapes, le médecin du travail peut déclarer le salarié inapte à son poste s’il constate qu’aucune mesure d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste de travail occupé n’est possible et que son état de santé justifie un changement de poste.
L’avis d’inaptitude doit comporter des conclusions écrites ainsi que des indications relatives aux possibilités de reclassement du salarié.
L’employeur et le salarié peuvent contester la décision rendue par le médecin du travail devant le Conseil de prud’hommes dans un délai de 15 jours suivant la notification de l’avis d’inaptitude.
À la suite de l’avis d’inaptitude rendu par le médecin du travail, l’employeur doit rechercher un poste de reclassement adapté aux capacités du salarié sauf lorsque le médecin du travail l’en dispense expressément dans son avis en indiquant une des formulations suivantes :
Dans le cadre de cette recherche, l’employeur doit tenir compte des conclusions écrites, des indications et des propositions formulées par le médecin du travail. S’il existe un CSE au sein de l’entreprise, celui-ci doit être consulté sur les possibilités de reclassement.
Lorsqu’un poste compatible est identifié, l’employeur doit proposer au salarié un emploi approprié à ses capacités en tenant compte des conclusions écrites du médecin du travail concernant les tâches que le salarié est en mesure d’exercer, les éventuels aménagements du poste et sa capacité à bénéficier d’une formation le préparant à occuper un poste adapté. Le poste proposé doit être aussi comparable que possible à l’emploi précédemment occupé. Si nécessaire, il peut être aménagé, adapté ou transformé afin de tenir compte des restrictions médicales du salarié.
Lorsque l’employeur est dans l’impossibilité de proposer un poste de reclassement, il doit en informer le salarié par écrit et lui préciser les motifs qui s’opposent à son reclassement.
| NB | La procédure de reclassement est d’ordre public et ses modalités peuvent varier selon l’origine de l’inaptitude ainsi que selon la situation de l’entreprise. Les paragraphes susvisés n’en reprennent pas tous les aspects, n’hésitez pas à vous rapprocher du service juridique social si vous avez des questions. |
Lorsque l’employeur constate l’impossibilité de reclasser le salarié ou lorsque le médecin du travail l’a expressément dispensé de rechercher un poste de reclassement, l’employeur peut engager une procédure de licenciement pour inaptitude. Il en va de même lorsque le salarié refuse le ou les postes de reclassement qui lui sont proposés (sous réserve que la recherche de reclassement ait été effectuée conformément aux préconisations du médecin du travail).
Le licenciement pour inaptitude est soumis à la procédure de licenciement applicable en droit commun :
Le contrat de travail prend fin à la date de notification du licenciement, sans préavis ni indemnité compensatrice de préavis. Le salarié conserve son droit à l’indemnité légale de licenciement.
Pendant le délai d’un mois à compter de l’avis d’inaptitude, l’employeur n’a pas à verser de salaire au salarié déclaré inapte. A défaut de reclassement ou de rupture du contrat dans le délai précité, l’employeur doit reprendre le versement du salaire. Cette obligation se poursuit jusqu’au reclassement du salarié ou à la rupture du contrat de travail.
| NB | La rupture du contrat d’un salarié inapte à la suite d’un accident de travail ou d’une maladie professionnelle emporte des conséquences financières spécifiques. |