La rupture conventionnelle permet de mettre fin, d’un commun accord entre l’employeur et le salarié, à un contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Ce mode de rupture amiable ne s’applique qu’aux salariés en CDI. Sa mise en œuvre suppose le respect d’une procédure spécifique, comprenant un ou plusieurs entretiens, des délais à observer et une demande d’homologation auprès de l’administration.
La rupture conventionnelle doit garantir la liberté de consentement des parties. Elle sera nulle en cas de fraude ou de vice du consentement. Elle ne peut pas être imposée par l’une des parties.
L’existence d’un différend entre l’employeur et le salarié n’affecte pas par elle-même la validité de la rupture. Il est également possible de conclure une rupture conventionnelle lorsque l’entreprise rencontre des difficultés économiques. Dans ce cas, la rupture conventionnelle ne doit pas être utilisée pour contourner la procédure de licenciement économique.
La rupture conventionnelle peut également être conclue durant une période de suspension du contrat de travail, sous réserve toutefois du contexte dans lequel elle intervient, les juges pouvant être amenés à considérer que le consentement du salarié n’a pas été donné de manière libre et éclairée.
Il n’existe aucun formalisme imposé pour la demande de rupture conventionnelle, elle peut être formulée par tout moyen notamment à l’oral, par téléphone, par courriel ou par courrier.
La convention de rupture conventionnelle doit être négociée entre les parties lors d’un ou plusieurs entretiens préalables. Le salarié a la faculté de se faire assister au cours de ces échanges. Aucun formalisme particulier n’est exigé pour la convocation à cet ou ces entretiens, il est toutefois recommandé de procéder par écrit afin d’avoir une preuve de l’invitation à négocier la rupture conventionnelle.
Le ou les entretiens ont pour objet de fixer les conditions de la rupture, notamment la date de cessation du contrat de travail et le montant de l’indemnité versée par l’employeur. Aucun délai de réflexion n’étant imposé, les parties peuvent signer la convention dès l’issue du premier entretien ou des suivants.
En l’absence d’entretien, la rupture conventionnelle est nulle.
La convention de rupture doit définir les conditions de rupture du contrat de travail :
Les parties remplissent un formulaire en ligne sur téléservice (telerc.travail.gouv.fr), l’impriment et le signent. L’employeur doit remettre un exemplaire de la convention de rupture conventionnelle datée et signée au salarié. Il est conseillé de faire signer au salarié une décharge ou un récépissé attestant qu’un exemplaire de la convention lui a été remis.
A compter du lendemain de la fin du délai de rétractation, l’employeur demande l’homologation de la convention de rupture conventionnelle. L’administration dispose d’un délai de 15 jours ouvrables pour contrôler la régularité de la rupture et s’assurer du consentement des parties. Lorsque ce délai expire un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé au 1er jour ouvrable suivant. L’homologation est implicite si aucun retour n’est donné dans ce laps de temps.
La rupture conventionnelle peut être contestée par l’une ou l’autre des parties devant le Conseil de prud’hommes dans un délai de 12 mois suivant l’homologation ou le refus de l’homologation de la convention de rupture.
Compte tenu des modalités de ce mode de rupture, seuls le non-respect d’une formalité substantielle, la fraude ou le vice du consentement peuvent entraîner l’annulation de la convention. Si le consentement du salarié est vicié, la rupture du contrat produit les effets d’un licenciement sans cause réelle et sérieuse (nullité en cas de harcèlement ou discrimination). Si le consentement de l’employeur est vicié, la rupture produit les effets d’une démission.
L’indemnité de rupture conventionnelle est exonérée de cotisations sociales à hauteur du montant fixé par la loi ou la convention collective.
Lorsque l’indemnité versée excède ce montant, l’exonération est plafonnée au plus élevé des deux montants suivants, dans la limite de 96 120 euros :
L’indemnité de rupture conventionnelle est assujettie à une contribution patronale spécifique de 40% sur la part exonérée de cotisations sociales.
Sous réserve de remplir les conditions requises notamment en termes de durée d’affiliation, le salarié peut bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
Sur le plan fiscal, l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle est partiellement exonérée d’impôt sur le revenu :